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Les intérieurs de la Villa Masséna

Située sur la Promenade des Anglais à Nice, la Villa Masséna a été édifiée entre 1898 et 1901 par l’architecte danois Hans-Georg Tersling assisté d’Aaron Messiah, auteur de la villa Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Elle fut la résidence d’hiver du Prince Victor d’Essling, petit-fils du maréchal d’Empire André Masséna, homme politique et éminent bibliophile.
Le jardin qu’il fit aménager autour de la villa est l’œuvre du paysagiste Edouard André, connu pour avoir dessiné les jardins de Monte-Carlo.
Cédée à Nice en 1919, la villa fut transformée en musée consacré à l’histoire de la ville, et s’enrichit alors d’importantes collections d’art et d’histoire.

Une vaste campagne de rénovation, menée par la ville de Nice jusqu’en 2008, avec le concours du Ministère de la Culture, de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur et du département des Alpes-Maritimes, a permis de restaurer la villa de la Belle-Epoque, ses décors intérieurs, son jardin, et de valoriser ses collections historiques et artistiques.

Le musée Masséna évoque aujourd’hui la grande époque de Nice, de l’arrivée des premiers habitants de la fin du XVIIIe siècle aux premières décennies du XXe siècle.

Entrée du musée Masséna à Nice

Entrée du musée Masséna à Nice

La Grande Galerie

La grande galerie aveugle, au décor inspiré de la fin du XVIIIe siècle, donne accès aux salons de réception. Le salon d’apparat, le salon des portraits, le grand salon et le fumoir, se succèdent en enfilade, côté sud. La salle à manger et sa véranda, à l’est, font pendant au bureau du prince d’Essling, situé à l’ouest.

La grande galerie est ornée d’une frise peinte, influencée par l’Antiquité gréco-latine. Elle est l’œuvre d’Alexandre-Evariste Fragonard, fils de Jean-Honoré Fragonard, tous deux nés à Grasse. Elle provient du château de la Faulotte, aux environs de Paris, pour lequel elle a été conçue au début du XIXe siècle.

Les peintures d'Alexandre-Evariste Fragonard dans le vestible

Les peintures d’Alexandre-Evariste Fragonard dans le vestible

Si la statue en pied de Napoléon législateur, réalisée par Chaudet, accueille le visiteur depuis la création de la villa, les deux grands tableaux représentant le Maréchal Masséna et Ignace Thaon de Revel ont été disposés plus tardivement dans la grande galerie afin d’évoquer les sympathies divergentes des habitants de Nice, partagés entre les idées révolutionnaires et l’attachement à la Maison de Savoie.

Vue générale du vestibule

Vue générale du vestibule

Le Grand Salon

Principal salon de la villa, cette pièce de réception, située dans l’axe de l’entrée et de la perspective du jardin, donne sur la partie en rotonde de la terrasse.

Vue générale du Grand Salon de la Villa Masséna

Vue générale du Grand Salon de la Villa Masséna

Les fresques de la voûte sont une réplique de la salle d’audience de la reine du château de Govone (1820) et représentent sur le motif central Athéna conduisant un char, par Luigi Vacca.
Les portes, leurs encadrements et les trumeaux décorés des génies de la sculpture et de la peinture (à l’origine dans la salle d’audience de la reine)proviennent également du château de Govone ainsi que les deux consoles ornées d’aigles avec la croix avec la croix de Savoie sur le poitrail.

Plafond peint d'après Luigi Vacca (vers 1898)

Plafond peint d’après Luigi Vacca (vers 1898)

Allégorie de la musique par Carlo Pagani surmontant la cheminée

Allégorie de la musique par Carlo Pagani surmontant la cheminée

Trumeaux de porte et allégorie de la peinture, originaires du château de Govone, près de Turin

Trumeaux de porte et allégorie de la peinture, originaires du château de Govone, près de Turin

Quatre toiles de Paul-Louis-Narcisse Grolleron disposées aux quatre coins du salon et commandées à l’artiste par le prince d’Essling en 1901, rappellent les faits d’armes de son grand-père, le général Masséna :

– La bataille du Pont d’Ebelsberg
– La bataille d’Essling
– L’entrevue du Pont de Conegliano : signature de la reddition de Gênes
– La Bataille de Rivoli

L'un des quatres tableaux réalisés en l'honneur du général Masséna :  La Bataille d'Essling

L’un des quatres tableaux réalisés en l’honneur du général Masséna : La Bataille d’Essling

Bras de lumière en bronze ciselé et doré

Bras de lumière en bronze ciselé et doré

Le Salon des Portraits

Comme il est d’usage, une enfilade de salons occupe les pièces exposées au midi.

Trois grands portraits en pied décorent cette pièce :

– Napoléon 1er en costume de sacre, d’après le baron Gérard (1805)
– Napoléon III et Eugénie d’après Winterhalter (1853). La mère du prince d’Essling ayant occupé les fonctions de grande maîtresse de la Maison de l’Impératrice et Eugénie possédant une villa au Cap Martin, elle a souvent été reçue dans ces salons à la fin de sa vie.
La succession de salons, entièrement recouverts de boiseries et garnis de portes sculptées, garde le souvenir du château de Govone.

Napoléon 1er en costume de sacre, d’après le baron Gérard (1805)

Napoléon 1er en costume de sacre, d’après le baron Gérard (1805)

Portraits de Napoléon III et Eugénie d’après Winterhalter (1853)

Portraits de Napoléon III et Eugénie d’après Winterhalter (1853)

Située à une cinquantaine de kilomètres de Turin, Govone est une forteresse médiévale, remodelée aux XVIIe et XVIIIe siècles. En 1819-1820, Charles-Félix et son épouse Marie-Christine engagent, après la période d’occupation napoléonienne, d’importants travaux de rénovation du décor intérieur avec le concours d’artistes piémontais.

Les magnifiques portes originaires du château de Govone

Les magnifiques portes originaires du château de Govone

Devenue propriétaire, la commune de Govone vend, en 1898, le mobilier et des éléments décoratifs du château. Une grande partie est acquise par le prince d’Essling, en vue d’orner la villa Masséna alors en construction sur la promenade des Anglais.

Les portes, les trumeaux de ce salon et leurs encadrements proviennent de la chambre de la reine. Les fresques du plafond sont une réplique de celles de la même chambre, œuvres de Carlo Pagani et Andréa Plazza (1819).
Le Comté de Nice fait partie du royaume de Sardaigne dont Charles-Félix devient le souverain en 1821.
Les œuvres dans les vitrines évoquent les deux longs séjours à Nice du couple royal de novembre 1826 à janvier 1827, puis de novembre 1829 à mars 1830.

La Salle à Manger

La salle à manger, au plafond à compartiments, dont l’aménagement a été conçu afin de répondre au mode de vie mondain du propriétaire des lieux, Victor Masséna, est prolongée par une grande véranda en hémicycle. Elle offre ainsi une vue dégagée et un accès direct sur les jardins par les terrasses.

La salle à manger de la Villa Masséna

La salle à manger de la Villa Masséna

Le plafond à compartiments de la salle à manger

Le plafond à compartiments de la salle à manger

La véranda de la Villa Masséna

La véranda de la Villa Masséna

Elle est garnie, comme les salons, d’éléments de décors datant des années 1820, antérieurs à la construction des lieux. Les portes, de Francesco Tanadei, et les trumeaux, de Carlo Pagani, proviennent du château royal de Govone, près de Turin en Piémont, résidence secondaire de la Maison de Savoie jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Les murs sont décorés de panneaux en gypserie ornés de néréides reposant sur des dauphins, réalisées à la fin du XIXe siècle.

Les murs décorés de panneaux en  gypserie

Les murs décorés de panneaux en gypserie

Les consoles de style Empire en marbre rose ont des pieds en forme de sphinges.

Pendule  Apollon et paire de candélabres, Premier Empire

Pendule Apollon et paire de candélabres, Premier Empire

Le Cabinet de Lecture

Cette pièce qui servait initialement d’office a été transformée en bibliothèque à la suite du legs du chevalier Victor de Cessole.

Les Spitalieri de Cessole, descendants de Madame de Sévigné, sont d’éminents collectionneurs, notamment Henry de Cessole et son fils Victor.

En 1933, ce dernier offre à la ville de Nice sa bibliothèque riche de plusieurs milliers d’ouvrages, de documents historiques et d’estampes, essentiellement consacrés au Comté de Nice. Il est alors décidé de l’installer dans cette pièce, en faisant exécuter des meubles d’inspiration Premier Empire.

Le portrait en pied est celui du conte Hilarion Spitalieri de Cessole, président du Sénat de Nice, père d’Henry de Cessole.

Vue d'ensemble du cabinet de lecture

Vue d’ensemble du cabinet de lecture

La bibliothèque n’a cessé de s’enrichir, et occupe aujourd’hui des locaux plus vastes, au dernier étage de la Villa Masséna.

Les documents présentés dans les vitrines font référence au prince Victor d’Essling, créateur de la Villa, et à sa famille.

Entrée du cabinet de lecture

Entrée du cabinet de lecture

Escalier

Vue du vestibule depuis l'escalier

Vue du vestibule depuis l’escalier

L'escalier d'honneur de la Villa Masséna.

L’escalier d’honneur de la Villa Masséna.

Vue du vestibule donnant accès à l'escalier d'honneur

Vue du vestibule donnant accès à l’escalier d’honneur

Cette peinture met en scène les membres de la famille Masséna autour de la princesse d’Essling. Née Paule Furtado et épouse en premières noces du grand maréchal Michel Ney, elle pose ici en compagnie des jeunes enfants Murat et Masséna et de son propre fils André dans ses bras. Sa fille Victoire est représentée la tête inclinée sur l’épaule de sa demi-sœur Violette Ney d’Elchingen, jeune épouse du prince Eugène Murat.

A l’arrière-plan, nous pouvons reconnaître la Villa Masséna. Le sommet de la peinture est garni d’une guirlande de fleurs et d’un blason disposés sur l’architrave.

François Flameng, La Famille Masséna entourant la princesse d'Essling (1902-1903)

François Flameng, La Famille Masséna entourant la princesse d’Essling (1902-1903)

Les jardins historiques de la Villa Masséna (1899)

Les jardins de la Villa Masséna, dont le dessin et l’exécution sont l’œuvre d’Edouard André, paysagiste botaniste, sont considérés comme un modèle de jardin de ville sur le littoral méditerranéen.
Une restauration des jardins historiques a été menée en 2006-2007 et a contribué à redonner tout le lustre initial à cette belle demeure aristocratique.

Les jardins et les espaces entourant la villa se composent de trois parties :

– La cour d’honneur au nord
– Le jardin français côté est
– Le grand parterre au sud de la Villa

Ils ont été conçus en fonction d’une savante articulation avec l’architecture de la Villa.
La cour d’honneur, entièrement repavée, a ainsi retrouvé son caractère initial. Les deux hémicycles longeant les voies d’accès à la Villa ont été ornées de plantes arbustives.

Le parterre français est composé sur deux grands axes, le premier allant du nord au sud, de la façade du pavillon de la Conciergerie l’actuel hôtel West-End, le second axé sur la véranda de la villa. Tous les arbustes de ces massifs ont été remplacés par des espèces décoratives persistantes.

Le grand parterre avait subi d’importantes modifications par rapport au dessin initial. La restauration du jardin historique a permis la restitution fidèle de la disposition d’origine, inspirée des compositions anglaises.

Façade de la Villa Masséna depuis les jardins

Façade de la Villa Masséna depuis les jardins

Un prochain article vous emmènera à la découverte des riches collections d’art de la Villa Masséna (maintenant disponible)

BIBLIOGRAPHIE :

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