Musées

Moyens de transport aujourd’hui disparus : les traîneaux

 

Les traîneaux occupent une place importante au sein du musée du Cinquantenaire et témoignent d’une époque à laquelle les cours européennes goûtaient au plaisir de courses dont la mode provenait des pays nordiques. Ces luxueux véhicules étaient alors tirés par des chevaux ferrés à crampons et menés par des cochers assis à l’arrière de la caisse.
En France, on rencontrait des traîneaux filant en hiver dans les allées enneigées du parc de Versailles et sur… le Grand Canal. S’il est presque difficile de les imaginer glissant majestueusement sur les eaux gelées en contrebas de Versailles aujourd’hui, il ne faut pas oublier que les écrits historiques mentionnent régulièrement de 1550 à 1850, de « petites périodes glaciaires » en Europe.

Traîneau à la proue sculptée

Traîneau au « feuillage »

Traîneau au lion poursuivant un coq

La caisse épouse la forme d’un lion dont les pattes antérieures et la tête sont dressées vers un coq, perché à la proue du traîneau, aux ailes déployées, dans une attitude de fuite. Le corps du lion est peint en brun, avec des traces de dorure. Dans la gueule entrouverte, on remarque une langue mobile peinte en rouge. La polychromie jaune, rouge et verte du coq est très soignée. Le corps du lion a été creusé pour y installer une banquette recouverte de cuir rouge dissimulant un petit coffre. Un dossier, de type enveloppant, a été fixé sur l’arrière-train du lion. Le siège du conducteur, en forme de selle, est soutenu par la queue. Les deux protège-pieds en forme de sabot sont situés derrière les pattes de l’animal. A l’avant, les patins sont maintenus solidaires par deux arçons métalliques dont l’un porte le palonnier d’attelage.

Traîneau au lion poursuivant un coq, XVIIIe siècle

Traîneau royal « L’Elan » n°43

La caisse vert foncé, en forme de coquille, est bordée d’une moulure dorée représentant des lauriers et ornée de couronnes royales. La proue, sculptée en forme de lion doré, est précédée d’un large pare-neige en cuir. La garniture intérieure, ainsi que le siège du cocher, sont habillés de velours de soie vert bronze à galons dorés. Sur les patins, on remarque les protège-pieds en bois garnis de fourrure. Les frères Binder, carrossiers parisiens réputés, exposèrent des véhicules à Bruxelles en 1897.

Traîneau royal « L’Elan » n°43, (1864 – 1905)

Madame Campan, première femme de chambre de la reine Marie-Antoinette, évoque dans ses mémoires le « bruit des sonnettes et des grelots dont les harnais des chevaux étaient garnis, l‘élégance de leurs panaches, la variété des formes de ces espèces de voitures, l’or dont elles étaient toutes rehaussées ».

En France, le service des menus Plaisirs, chargé des décors de théâtre, s’occupait également de l’entretien des traîneaux royaux. C’est pourquoi certains d’entre eux sont parfois réalisés en carton bouilli.

Traîneau au lion cabré

Traîneau style Louis XV

La caisse épouse la forme générale d’une boucle. Elle s’élargit à l’arrière pour permettre l’installation d’une banquette de deux personnes. Peinte en vert foncé ou noir, elle est ornée de motifs de nuages. Une moulure dorée, décorée de fleurs et de feuillages de style rocaille, ceinture complètement la caisse.
A l’arrière, sur les patins, un marchepied en bois est renforcé par une plaque métallique.

Traîneau style Louis XV, XVIIIe siècle

Traîneau au style amstellodamois

La caisse, fortement cintrée, est complètement ceinturée par une moulure noire à filets dorés, émaillée de coquilles et de motifs rocailles. Cette moulure divise également le corps de la caisse en sept panneaux ornés de peintures de paysage de type hollandais. L’intérieur de la caisse ainsi que les deux banquettes sont garnis de velours frappé. Le marchepied destiné au conducteur ainsi que les freins sont situés à l’arrière. A l’avant du traîneau se trouve le palonnier pour l’attelage.
Les traîneaux de ce type sont luxueux, généralement à deux places et conduits par des domestiques qui se tenaient debout sur la planche arrière. Ils étaient attelés à un ou deux chevaux.

Traîneau au style amstellodamois, XVIIIe siècle

Les promenades en traîneaux donnaient parfois lieu à des scènes pittoresques. La glace peu épaisse pouvait donner lieu à de nombreux accidents. Dangeau, mémorialiste français, rapporte ainsi que Louis XIV, dauphin à l’époque, « fut dans l’eau jusqu’au cou et les princesses renversées ».

Traîneau à la tête de bélier sculptée

Traîneau au style amstellodamois

La caisse, fortement cintrée, est ceinturée d’un rinceau de style rocaille qui délimite également, sur le corps de la caisse, les encadrements des panneaux peints. On remarque à l’arrière une allégorie de l’Hiver : deux Amours et un chien se chauffent près d’un brasero, tandis que, dans les nues, un troisième Amour souffle la bise. A l’arrière, sur les patins, se situent un marchepied pour le conducteur et les freins et, à l’avant, le palonnier pour l’attelage.

Traîneau au style amstellodamois, XVIIIe siècle

Traîneau au style amstellodamois, détail

On ne peut que rester rêveur face à ces véhicules luxueux qui paraissent si désuets de nos jours. On imagine Marie-Antoinette et ses dames de compagnie emmitouflées de fourrures et filant sur la glace, entraînées dans sa course par un majestueux destrier. Aujourd’hui exposés dans les couloirs du musée, ces superbes traîneaux n’en gardent pas moins une charge émotionnelle et imaginaire très forte.

Traîneaux – Vue d’ensemble

Traîneaux – Vue d’ensemble

Musée du Cinquantenaire
Parc du Cinquantenaire 10,
B-1000 Bruxelles

Fermé les lundis.

Site Internet du Musée du Cinquantenaire

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *