Musées

La salle des preciosa du Musée du Cinquantenaire

 

Lors de mon séjour à Bruxelles, je suis allée rendre visite au musée du Cinquantenaire. Au sein de ce musée se trouve une petite salle d’exposition permanente dédiée aux « preciosa », comprenez les petits accessoires précieux et élégants permettant d’élever le quotidien au rang d’art de vivre aux XVIIIe et XIXe siècles.

La collection d’éventails

Parmi les objets exposés, nous trouvons une belle sélection d’éventails. Originaire du Japon, cet accessoire est apparu en Europe au milieu du XVIe siècle. Il est introduit en France par Catherine de Médicis sans véritable succès avant le XVIIe siècle. Avec la révocation de l’édit de Nantes, il gagne les Pays-Bas, l’Angleterre ou encore l’Espagne par l’intermédiaire des expatriés protestants.
Dès les années 1760, la production mécanisée permet aux femmes d’extraction plus modeste de posséder à leur tour un éventail.
Sous le Premier Empire, son usage sera modéré mais il est à nouveau très populaire des années 1830 aux années 1920.

Éventail révolutionnaire. Poème sur l’air d’Adieu douce dame française (peu après 1792)

Éventail brisé

Éventail brisé (deuxième moitié du XIXe siècle)

Divers nécessaires sont également visibles : nécessaire de toilette, de manucure, de couture, d’écriture, etc. Ce type d’objet est apparu au cours du XVIe siècle.

Nécessaire, (1755-1756)

Nécessaire surmonté d’une horloge, Thomas Parson (vers 1770)

Le carnet de bal se répand dans les milieux aristocratiques à partir du XVIIIe siècle. Il contient l’ordre des danses de la soirée et permet aux danseuses d’inscrire en face le nom de leur partenaire. Ces carnets étaient souvent réalisés dans des matières précieuses et offerts en gage d’amour ou d’amitié.

1. Carnet de bal, France (vers 1780 – 1790)
2. Carnet de bal, Pierre-Denis Chaumont, Paris (1789)
3. Carnet de bal orné d’un portrait en miniature, J. B. Fouache, Paris (1775 – 1776)
4. Carnet de bal, Paris (vers 1780 – 1790)
5. Carnet de bal en forme d’éventail, Europe (fin du XIXe siècle)

Le gousset est une petite poche que l’on trouve sur le devant d’une veste ou d’un gilet. Jusqu’à l’apparition des montres bracelets, on utilisait des montres qui se glissaient à l’intérieur de la poche du gilet d’où leur nom de montres gousset.

Montre piriforme, Ilbery, Londres (vers 1800)

4. Montre en forme de mandoline, Antoine L. Moillet & Cie, Genève (vers 1790 – 1810)
5. Montre en forme de panier, Poinçon P.C., Europe occidentale (vers 1800)

Les pendeloques sont des pièces de parure suspendues à une petite chaîne ou à un anneau comme cette minuscule boîte de dominos (taillés dans de l’os) dont vous pouvez apprécier la finesse.

Pendeloque en forme de boîte de dominos, Europe occidentale (fin du XVIIIe siècle)

L’usage du hochet est attesté depuis la plus haute antiquité. Selon les croyances populaires, il aurait le pouvoir d’amuser les enfants tout en éloignant le mauvais sort. Les hochets ont souvent été surmontés ou incrustés d’une dent de loup censée aider les petits à faire leurs dents.
Au XIXe siècle, le hochet est le cadeau de baptême traditionnel des classes aisées.

1. Hochet en argent repoussé et ciselé, pierre dure, Flandres ? (1798 – 1809)
2. Hochet en argent repoussé, ciselé et ajouré, cristal de roche, Paris (1838 – 1864)

« On sèvre trop tôt tous les enfants. Le temps où l’on doit les sevrer est indiqué par l’éruption des dents, et cette éruption est communément pénible et douloureuse. Par un instinct machinal, l’enfant porte alors fréquemment à sa bouche tout ce qu’il tient, pour le mâcher. On pense faciliter l’opération en lui donnant pour hochet quelque corps dur, comme l’ivoire ou la dent de loup. Je crois qu’on se trompe. Ces corps durs, appliqués sur les gencives, loin de les ramollir, les rendent calleuses, les endurcissent, préparent un déchirement plus pénible et plus douloureux. Prenons toujours l’instinct pour exemple. On ne voit point les jeunes chiens exercer leurs dents naissantes sur des cailloux, sur du fer, sur des os, mais sur du bois, du cuir, des chiffons, des matières molles qui cèdent, et où la dent s’imprime.

On ne sait plus être simple en rien, pas même autour des enfants. Des grelots d’argent, d’or, du corail, des cristaux à facettes, des hochets de tout prix et de toute espèce : que d’apprêts inutiles et pernicieux ! Rien de tout cela. Point de grelots, point de hochets ; de petites branches d’arbre avec leurs fruits et leurs feuilles, une tête de pavot dans laquelle on entend sonner les graines, un bâton de réglisse qu’il peut sucer et mâcher, l’amuseront autant que ces magnifiques colifichets, et n’auront pas l’inconvénient de l’accoutumer au luxe dès sa naissance. »

Jean-Jacques Rousseau, Emile ou de l’éducation.

Musée du Cinquantenaire
Parc du Cinquantenaire 10,
B-1000 Bruxelles

Fermé les lundis.

Site internet du musée du Cinquantenaire

 

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