Expositions

Trésors de Dinosaures ou le Jurassic Park parisien…

 

C’est une exposition exceptionnelle qui se déroule actuellement à l’Institut de Paléontologie Humaine et ce jusqu’au 15 septembre 2011. D’authentiques squelettes de dinosaures ont envahi temporairement l’espace avant leur mise en vente chez Sotheby’s le 14 octobre prochain.

Dès l’entrée, Vous plongez de plein pied dans le monde du gigantisme en étant accueillis par un imposant crâne de Tricératops (fin du Crétacé, 67 et 65 millions d’années) dont les dimensions sont de 2,32 x 1,50 mètres.

Tricératops - Vue de gauche

Cet herbivore est connu par une grande partie de la population notamment à cause des batailles épiques qui l’opposait au célèbre Tyrannosaurus Rex qui vécut à la même époque et dans les même régions. Autre caractéristique bien reconnaissable : ses trois cornes, deux frontales d’un mètre chacune et une autre plus petite située sur le nez mesurant quand même 30 cm.

Tricératops - Vue de face

Ce spécimen en particulier est un vieux sujet, fait suggéré par l’épaisseur de l’ossification. Etant donné les dimensions exceptionnelles de la tête de l’animal, il s’agissait selon les spécialistes d’un mâle dominant. A l’arrière, l’immense collerette servait à protéger le cou et les épaules et pouvait également servir de bouclier contre les dents des prédateurs.

Tricératops - Vue de droite

Dans un registre différent mais tout aussi impressionnant, voici un imposant bénitier fossile géant datant du Pléistocène (10 000 et 15 000 ans) retrouvé sur l’île de Timor en Indonésie.
Dimensions : 96 x 67 cm.

Bénitier fossile géant

Bénitier fossile géant

Bénitier fossile géant

Autre spécimen rarissime : un Prosaurolophus maximus de plus de 11,2 mètres de long pour un poids d’1,1 tonne. L’espèce n’est pas rare mais le dinosaure que vous pouvez admirer ci-dessous est un dinosaure « momie » et il n’existe que trois autres cas connus au monde.

Prosaurolophus maximus - Tête et corps

Le Prosaurolophus avait l’avant de la tête aplati à la façon d’un bec de canard et vivait au Crétacé supérieur (75 millions d’années.)

Prosaurolophus maximus - Tête

Les paléontologues ont retrouvé des lits de fossiles contenant les restes de plusieurs individus ce qui suggère que ce dinosaure vivait au moins une partie de l’année en groupe.
Le squelette de ce dinosaure a été présenté volontairement avec un plan incliné et non en trois dimensions. La position est ici naturelle, l’animal est resté tel qu’il était lors de sa découverte. Et ce afin de conserver les renseignements précieux offerts ainsi aux scientifiques. 95 % des os d’origine pour le crâne et 85% des os d’origine pour le corps ont été retrouvés.

Prosaurolophus maximus - Corps

Quelques spécimens du Sphinx à tête de mort sont visibles sur le mur. Ce papillon géant est devenu très rare en Europe à l’état naturel à cause des pesticides. Vous le connaissez forcément si vous avez déjà vu Le Silence des agneaux ou Un Chien Andalou.

Sphinx à tête de mort

De prime abord, le dinosaure suivant me semble être un Ptérodactyle. En réalité, il s’agit d’un rare Ptéranodon longiceps du Crétacé supérieur (85 millions d’années) et aux dimensions impressionnantes : 123 cm pour le crâne et une envergure de 7 mètres, ailes déployées.
Longiceps signifie « qui possède une tête allongée » en raison de la crête, aussi longue que le bec, présente uniquement chez les individus mâles, bien visible ici.

Ptéranodon longiceps

Dinosaure piscivore, des fossiles de Ptéranodon ont été découverts jusqu’à 170 kms des côtes ce qui prouve que ces animaux pouvaient voler sur de très longues distances, sans doute en planant la moitié du temps. Les os du squelette sont creux et minces afin de faciliter le vol.
Ce spécimen se constitue d’une partie originale fossilisée et d’une partie recréée par des spécialistes afin de compléter l’ossature.

Ptéranodon longiceps - 7m d'envergure

En continuant la visite, vous pouvez admirer un deuxième bénitier fossile géant d’un aspect différent du précédent. Il est daté de la même époque : Pléistocène (10 000 à 15 000 ans) et de la même origine (île de Timor, Indonésie.)

Bénitier fossile géant

Autre dinosaure à la taille imposante et trônant massivement au centre de la pièce : le Suuwassae emiliae, « lézard de tonnerre » en dialecte amérindien, mesure 12,5 mètres de long pour 4 mètres de haut et ressemble à un Diplodocus. L’animal était herbivore et a vécu à la fin du Jurassique (147 millions d’année), il pesait aux alentours de dix tonnes.
Afin de prendre l’animal en photo, il a fallu que je m’y prenne en quatre temps (arrière, milieu et avant du corps + détail de la tête.) Et pourtant ce dinosaure était de petite taille comparé à d’autres sauropodes de « tailles moyenne » (je vous laisse fantasmer sur le dinosaure XXL.)

Suuwassae emiliae - Vue arrière

Suuwassae emiliae - Milieu du corps

Suuwassae emiliae - Avant du corps

La tête étant minuscule et laissant peu de place au cerveau, les spécialistes pensent que des relais neuronaux existaient notamment au niveau du cou.

Suuwassae emiliae - Détail de la tête

Le Diplodocus a souvent été représenté le cou dressé, ce Suuwassae est quant à lui présenté avec la queue et la tête sur un plan horizontal, en position d’équilibre.
L’animal que vous pouvez admirer était un jeune et n’a rien à envier à ses congénères de l’exposition concernant son caractère exceptionnel puisqu’il s’agit du spécimen le plus complet au monde. Le squelette est en position de course et monté de telle sorte que chaque os puisse être enlevé et étudié individuellement car il apporte aujourd’hui de nouvelles informations sur l’espèce. Ainsi, l’étude des vertèbres caudales révèle que la queue servait de fouet contre les prédateurs.

Ce dinosaure est un Ténontosaure, « reptile à tendons » du grec « tenon » de 5,20 mètres de long et ayant vécu lors du Crétacé inférieur (125 à 99 millions d’années.)
Il possédait une queue dont il pouvait se servir comme arme de défense, son corps étant trop massif et trapu pour lui permettre de s’enfuir rapidement hors de portée d’un prédateur.

Ténontosaure

Comme son nom l’indique, son corps se compose de tendons épais qui se sont ossifiés et que l’on peut observer au niveau des vertèbres.

Ténontosaure - Corps

Malgré sa taille, il avait comme prédateur naturel le Deinonychus et très souvent, les paléontologues retrouvent les marques de dents de ces animaux sur les squelettes fossilisés des Ténontosaures. Et ce squelette porte les stigmates d’une telle attaque. Si on examine la queue de l’animal, on voit que celle-ci a été violemment amputée. Ce dinosaure s’est défendu et a sauvé sa vie car la dernière vertèbre visible montre des traces de guérison. Pour cette raison, ce spécimen a été baptisé Clover, « Le Combattant. »

Ténontosaure - Détail de la queue

Aucune restauration n’a été effectuée sur ce fossile qui demeure dans sa gangue protectrice et dans sa position naturelle. Autre particularité majeure : il est complet à 98% des os d’origine.

C’est donc une exposition exceptionnelle et rare qui a lieu actuellement à l’Institut. Ces magnifiques spécimens seront bientôt vendus et dispersés à travers le monde. L’occasion peut-être aussi de recevoir un cours magistral sur les différentes périodes qui ont vu vivre ces imposants animaux par un petit garçon d’environ neuf ans. Comme quoi…

2 replies »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *