Expositions

Exposition Peur sur la ville à l’Hôtel de la Monnaie

 

J’ai eu l’occasion de faire un petit détour ce week-end par l’Hôtel de la Monnaie pour découvrir l’exposition Peur sur la ville.

Cette exposition est organisée autour de différents travaux :

• Patrick Chauvel, l’un des derniers correspondants de guerre, a couvert les évènements tragiques qui ont déchiré Sarajevo, Belfast, Beyrouth… La première partie de l’exposition est consacrée à des montages révélant les lieux les plus connus de Paris ravagés par la guerre : des soldats envahissent le parvis de Notre Dame au soleil couchant, la Tour Montparnasse est bombardée, le Trocadéro avec son parvis des Libertés et des Droits de l’Homme est jonché de corps et traversé par un tank… Afin de ne pas attiser d’éventuelles critiques de violence gratuite ou de sujet racoleur des clichés, chaque photomontage est accompagné de la photo d’origine. Patrick Chauvel rappelle ainsi aux visiteurs que la paix est précaire et qu’aucune ville, aussi vivante et florissante soit-elle, n’est à l’abri de sombrer dans la guerre civile ou dans un conflit meurtrier. Paris est d’ailleurs un ancien champ de bataille. Combien de barricades ont été élevées dans ses rues au nom d’une idéologie ou au nom de la Liberté et des Droits de l’Homme ?

Exposition Peur sur la ville - Patrick Chauvel

• La seconde partie de l’exposition est composée d’archives photos de Paris Match : attentats de 1982 et 1986, évènements de mai 68, actions meurtrières de l’OAS jusqu’aux émeutes qui ont régulièrement déchirées les banlieues ces dernières années. Les photographies les plus récentes couvrent les violences urbaines qui sont survenues lors des grèves contre la réforme des retraites en 2010. Des photos qui évoquent comme le dit si bien l’académicien Max Gallo que « le volcan de la violence parisienne est encore fécond (…) L’épicentre symbolique de la violence nationale. » Car la violence urbaine est latente, nul besoin d’un conflit majeur pour l’éprouver.

6 mai 1968 - Un manifestant bombarde les policiers

• La troisième et dernière partie est consacrée au travail de Michael Wolf, auteur de Paris Street View. Une série de clichés pris dans la rue, hautement pixellisés, qui efface l’identité même des individus. Signe que la violence urbaine peut également être « non violente » car feutrée et qu’elle commence par la dépersonnalisation et le vol d’image.

Google Street View - Michael Wolf

La France traverse aujourd’hui l’une des plus longues périodes de paix de son histoire. Ces photos rappellent à chacun d’entre nous que cette paix est précieuse et d’un équilibre fragile qu’il faut savoir préserver.

 

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