Spectacles

Une soirée sur la Piste aux étoiles : le Cirque Bouglione et son spectacle Prestige

 

Aujourd’hui, je vous propose de faire un petit bond dans le temps pour revenir à la soirée du 31 décembre 2010. Cette année, je ne souhaitais pas faire la fête avec des inconnus dans une boîte de nuit bondée. L’Opéra donnait une représentation du Lac des Cygnes qui, hélas, affichait complet depuis des semaines. Renseignements pris auprès de la Comédie Française, Un Fil à la Patte de Feydeau, était également inenvisageable.
Après quelques recherches, j’ai pu me procurer des places pour le dernier spectacle du Cirque Bouglione. A dire vrai, je n’étais pas allée au cirque depuis bien longtemps et l’idée de retomber en enfance le temps du nouvel an me séduisait.
Petits ou grands, l’art du cirque ne manque pas de fasciner. Retour en images.

Le Cirque d’Hiver a été construit en 1852 par l’architecte Jacques Hittorff. Anciennement nommé Cirque Napoléon puis Cirque National, il figure au registre des monuments historiques depuis le 10 février 1975. Les quatre frères Bouglione reprennent le Cirque d’Hiver en 1934 et en font un haut lieu de spectacle.

Le Cirque d’Hiver

Une fois que vous avez passé les entrées, vous vous retrouvez au cœur d’un petit cocon de velours couleur carmin. Au milieu de la piste, se trouve une cage qui annonce le premier numéro.

Le Cirque d’Hiver vu de l’intérieur

La cage au milieu de la piste annonce le premier numéro

Nous commençons donc avec un spectacle de dressage aux côtés des lions avec le dompteur Dominik Gasser.

Salima Peippo redonne vie à un autre jeu de mon enfance, le hula hoop. Sauf que Salima ne manie pas un seul de ces cerceaux lumineux mais des dizaines pour réaliser des figures acrobatiques. Un numéro très esthétique.

Deux jeunes artistes issues de la troupe des Bingos nous offrent un magnifique duo de trapèze volant.

Régina Bouglione entre en piste sur un magnifique cheval à la crinière blonde. Il s’agit d’un numéro équestre de haute école. Régina est une enfant de la balle et a de qui tenir. Elle est la fille d’Emilien Bouglione, internationalement reconnu comme l’un des meilleurs maîtres écuyers de sa génération dans toutes les disciplines équestres représentées sur la piste. Sa complicité avec l’animal est criante et chaque pas est exécuté avec confiance, grâce et sourire.

D’ailleurs, il n’y a pas de temps mort au Cirque Bouglione, M. Loyal (Sergio), le clown blanc (Alberto Caroli) et Gregory Bellini (en magicien raté hilarant) assurent le spectacle lors des changements de décors alors que les techniciens s’affairent à nettoyer la piste, à monter des câbles, des cages et autres accessoires nécessaires au spectacle. D’ailleurs, j’avoue que je redoutais un peu le spectacle des clowns. Je ne me rappelle pas ceux de mon enfance comme des personnages très amusants. Mais le cirque a su évoluer avec son temps et les numéros sont résolument modernes et drôles. Une excellente surprise car je me souvenais de cet art comme de quelque chose d’un peu démodé et poussiéreux.

Dans la famille Bouglione, on est artiste et enfant de la balle de père en fils et de mère en fille. On apprend très tôt à fréquenter la piste et force est de constater que la relève est d’ores et déjà assurée avec les numéros d’acrobaties des jeunes Valentino Togni-Bouglione, Alessandro Togni-Bouglione et Dimitri Bouglione.

Un nouveau spectacle équestre nous est proposé avec quatre magnifiques chevaux noirs harnachés et emplumés de rouge sous la direction de Joseph Bouglione. Superbes animaux dont l’un ira jusqu’à saluer les spectateurs.

Les Bingos sont de retour sur la piste : il s’agit d’une troupe ukrainienne qui offre également des numéros de danse acrobatique, des acrobaties aériennes à l’aide de foulards suspendus ou des figures de gymnastique incroyables.

Juste après l’entracte, nous découvrons un numéro avec un duo de funambules exceptionnels : les Guerrero. Ce couple monte sur des câbles métalliques en pente à une double hauteur. Les rôles seront inversés puisque madame va jouer le rôle du porteur, se déplaçant les yeux bandés, en équilibre sur une échelle. Et le tout en chantant juste avec une facilité déconcertante et sans être essoufflée, s’il-vous-plaît. Une magnifique prouesse technique qui figurera dans mes favoris de la soirée.

Les Bingos sont de retour sur scène…

Un autre coup de cœur lors de cette soirée, le duo frère et sœur des Rollers Pilar qui utilise une petite piste circulaire, des patins à roulette et la force centrifuge pour un autre numéro spectaculaire. A plusieurs reprises, la tête de la jeune femme se rapproche dangereusement du sol et l’évite de quelques centimètres seulement.

La prestidigitatrice Eva Julia fait apparaitre au milieu de la piste des dizaines d’animaux : chats, chiens dont la taille est toujours plus imposante. Clou du spectacle : elle fait surgir un tigre du néant.

Le jeune couple suivant m’a littéralement transportée. Leur nom ? Desire of Flight. Une prestation difficile à décrire qui m’a donnée l’impression de regarder un ballet aérien. D’ailleurs leurs costumes de scène rappellent l’univers de l’opéra et des ballets. Tout comme pour le duo Guerrero, ils réalisent leur numéro sans filet, sans protection, à des hauteurs impressionnantes et (l’ai-je déjà mentionné ?) avec un naturel déconcertant, sans effort, sans inquiétude et toujours avec le sourire.

La démonstration de cerceaux dans les airs est également d’une beauté époustouflante. Irina Bouglione nous offre une séance de danse dans l’espace qui allie à la fois la grâce, la justesse des mouvements, l’équilibre. Et ces numéros sont exécutés au sein d’un gigantesque rideau de jets d’eau formant un tunnel de pluie qui vibre au rythme des lumières et des pulsations de la musique. Un artifice extérieur qui confère au numéro une sensation d’irréel, comme hors du temps. Evgenia, mon amie russe à qui j’avais conseillé le spectacle, m’a plus tard expliqué qu’Irina était née en Russie et qu’elle avait été championne de l’équipe nationale de natation synchronisée. Un bel hommage donc qui m’aurait sans aucun doute échappé sans son aide.

Le clown burlesque Julien Cottereau aura également fait la joie des spectateurs toute la soirée. Petit rappel puisque j’ai déjà parlé d’un autre type de burlesque sur ce blog : le burlesque est aussi un genre littéraire et cinématographique. Ici, c’est le comique de la gestuelle qui est directement concerné (pas de pin-ups ce soir les amis). Le jeune homme ne s’exprime qu’à l’aide de sons et autres onomatopées, de mimiques et de grands gestes. Il fait activement participer le public à ses numéros et son petit côté poète et rêveur le rend particulièrement attachant.

Le quatuor Drogaleva & Co nous offre un numéro de jonglerie avec massues en parfaite harmonie.

A la fin du show, les artistes viennent tous nous saluer dans leurs tenues de scène. Un petit mot donc sur ces costumes parsemés de strass jouant dans la lumière, ces voiles qui suivent les corps en mouvement tout en les sublimant, autant de petits détails qui ajoutent à la magie et touchent les spectateurs sans que ceux-ci ne réalisent vraiment pourquoi. Sans oublier de remercier bien sûr le très impressionnant orchestre du Cirque Bouglione qui aura déployé toute son énergie et son talent pendant les deux heures qu’aura duré la magie sur la piste aux étoiles.

 

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