Musées

Le Musée Jean-Jacques Henner

Je profite de ma récente visite au musée Jean-Jacques Henner pour vous parler un peu de l’oeuvre de ce peintre.

Jean-Jacques Henner est né à Bernwiller dans le sud de l’Alsace en 1829. Il poursuit des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, fréquente assidûment les ateliers de Drolling et Picot ainsi que les musées.
En 1858, il remporte le Grand Prix de Rome de peinture qui lui permet de vivre cinq ans à la Villa Médicis. L’influence de ses voyages en Italie se retrouve dans ses tableaux (des reproductions de fresques pompéiennes, Rome, terrasse de la Villa Médicis ou encore Portrait de jeune italienne en attestent)
A son retour de Rome, influencé par Manet et Degas, il s’essaie à une peinture naturaliste qui sera très mal reçue par la critique. Il se lance alors dans des nus féminins et alanguis issus de la Bible ou de la mythologie qui lui permettent d’échapper à la censure.
Le succès de l’Alsace. Elle attend fera de Henner un artiste très recherché dont les œuvres seront achetées par l’Etat.

En pleine ascension Impressionniste, Henner restera un peintre académique proche du Romantisme (une exposition lui a d’ailleurs été consacrée en 2007 au Musée de la vie romantique dont le catalogue d’exposition s’intitule Face à l’impressionnisme, Jean-Jacques Henner, le dernier des romantiques) avec cependant une atmosphère doucement mélancolique qui lui est propre.
En 1889, il est élu membre de l’Académie des beaux-arts puis décroche le plus haut grade dans l’ordre de la légion d’honneur. A sa mort en 1905, son oeuvre est largement diffusée et reconnue par le public.

Le Musée Jean-Jacques Henner
L’Alsace. Elle attend. 1871.

 

Suite à la guerre de 1870, la France doit céder l’Alsace-Lorraine au nouvel empire allemand. Un déchirement pour Henner, originaire de cette région, qui peint alors cette jeune alsacienne en tenue de deuil affichant sur sa coiffe la cocarde tricolore. Dès lors, la France toute entière reconnait dans ce portrait simple et digne la personnification de l’Alsace perdue. Il sera offert à Léon Gambetta, opposé à la signature de l’armistice, qui disait en la désignant: « C’est ma fiancée ! »

Fabiola. 1885.

 

Peut-être le tableau le plus connu du peintre. L’original a malheureusement été perdu et continue de faire rêver les antiquaires et autres chasseurs de marchés aux puces. Il en existe de très nombreuses copies dont une au musée.

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La Liseuse. 1883.

 

L’un de mes tableaux préférés même si j’ai un peu triché : celui-ci n’est pas au Musée Henner mais au Musée d’Orsay. J’ai eu la chance d’assister le 21 juin dernier à une vente aux enchères chez Artcurial qui proposait une huile sur panneau. Celle-ci était une étude pour ce célèbre tableau qui s’est vendue à € 5738.

La Vérité. Entre 1898 et 1902.

 

Ce tableau était destiné à la Salle des Autorités de la Sorbonne. Celui-ci n’est qu’une première version de l’oeuvre finale malheureusement disparue aujourd’hui. Si vous regardez bien, le personnage et les marches se voient une seconde fois, tournés à 90 degrés. En effet, Henner a réutilisé la toile d’une tentative avortée pour peindre cette variante.

Mais l’artiste est surtout connu pour ses portraits de femmes à la peau diaphane, aux cheveux roux, à l’étude violente et contrastée des lumières. Des clair-obscur qui semblent plus propices au mystère sacré.

La Fontaine. 1880.
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Solitude. 1886.
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La Source. Vers 1881.
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Les Naïades. 1877.
Hérodiade. Vers 1887.
Andromède. Vers 1880.

 

Il s’agit de l’une des études pour le tableau final également disparu. Vous aurez la chance de pouvoir en admirer plusieurs versions au Musée.

Le Musée Jean-Jacques Henner
Thérèse Bianchi, plus tard Comtesse Joachim Murat. Vers 1889.

 

Enfin, ce petit portrait que je trouve d’une étonnante beauté. Il offre un saisissant contraste entre l’achevé et l’inachevé. Les traits de fusain sont visibles. Le regard est appuyé. Je lui trouve un charme à la fois désuet et actuel.

N’hésitez donc pas à aller admirer cette superbe collection car le musée, installé dans l’ancien atelier de Jean-Claude Dubufe, offre en plus une architecture absolument incroyable que vous pouvez découvrir dans l’album des photos officielles.
Pour plus de renseignements, je vous conseille le site Internet consacré au Musée Jean-Jacques Henner ainsi que le blog Henner intime sur lequel vous pourrez apprendre tout un tas de petites anecdotes sur l’oeuvre et la vie du célèbre peintre.

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8 replies »

  1. Chère Aurore, Venez ou, plutôt sans doute, revenez bientôt au musée de la Vie romantique qui est tropabsent de votre blog. Nous y avons pourtant exposé bien des oeuvres que vous aimez – de Delacroix, comme de Henner dont vous avez vu en 2007 la première rétrospective à Paris depuis les années vingt, deux ans avant la réouverture très attendue du charmant musée qui lui est consacré. Notre exposition du printemps 2012 sera consacrée aux Théâtres romantiques à Paris. N’hésitez en tous cas pas à nous contacter. Cela me ferait plaisir de faire la connaissance d’une plume aussi érudite qu’enlevée ! Bien à vous. Daniel Marchesseau

  2. Bonjour!
    Je pense que je possère l’originale de la Fabiola de Henner que j’ai hérité à mon père… Malheureusement, je ne suis pas spécialiste en peinture et je voudrais savoir comment je peux vérifier si la copie que je possède est bien l’orginale ?
    Je peux vous communiquer une photo si vous pensez que vous pouvez m’aider…
    Merci d’avance

    • Bonjour,

      La première chose à vérifier c’est si le tableau est signé et si la signature est bien conforme à celle du maître. Vous pourrez trouver des échantillons de sa signature sur Internet pour comparer.
      En ce qui concerne Henner, le mieux est de contacter directement le musée parisien car, selon l’artiste, il faut faire appel à des experts bien spécifiques afin d’authentifier les tableaux.
      Attention cependant, la Fabiola d’Henner est l’un des tableaux les plus copiés au monde. Votre exemplaire pourrait tout aussi bien être l’originale qu’un faux bien élaboré.
      Je vous souhaite bonne chance dans votre démarche.

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