Littérature

Au théâtre ce soir : Traine pas trop sous la pluie

 

Traîne pas trop sous la pluie, le nouveau livre de Richard Bohringer a vu le jour dans la douleur puisqu’il a été rédigé par l’acteur sur son lit d’hôpital alors qu’il se battait contre une hépatite C et un cancer de la peau il y a un an à peine.
Or ce soir, l’acteur est bien présent à l’Européen, son charisme est indéniablement intact et il n’a rien perdu de sa fougue légendaire. Le plus important pour lui ce sont les mots, le langage, sa musicalité.  Pendant deux heures, il va évoquer au public de folles anecdotes, ses souvenirs, les personnes qui ont marqué sa vie, sa vie elle-même. Son enfance tout d’abord, lui, l’enfant de la guerre, élevé par sa « mamie », son premier voyage à New York, Harlem, le jazz, un Paris aujourd’hui disparu, sa courte expérience sur le ring, l’Afrique, la drogue, l’alcool, ce séjour à l’hôpital dont une mauvaise presse assurait qu’il « ne reviendrait pas ». Entre deux lectures qui n’en sont même plus tellement Bohringer est habité par le texte, il nous parle politique (même s’il a « promis » de ne pas le faire ce soir…) et nous explique qu’il s’est enfin mis à l’eau (« pas mauvais… » dira-t-il avec un sourire espiègle.)

Je dois vous avouer que Bohringer a su me faire passer du rire aux larmes. Car l’homme à la voix profonde et rocailleuse n’est pas qu’un talentueux  écrivain et un merveilleux conteur, on le découvre profondément humain, fragile, terriblement émouvant. Emouvant, il l’est lorsqu’il évoque sa vie, encore plus quand il nous parle de sa fille Romane, de sa petite-fille et de ses amis disparus. Pourtant, à travers de savoureuses anecdotes, il fait revivre le temps d’un instant Jean Carmet, Bernard Giraudeau, Philippe Leotard, Roland Blanche… Richard sait qu’il pourrait avoir eu moins de chance, qu’il pourrait déjà avoir rejoint ses compagnons dans l’ « aéronef céleste ». Mais selon lui « A 20 ans, on veut crever ; à 70 ans, on veut rester », tout est dit… Richard a soif de vivre et nous lui souhaitons de rester parmi nous le plus longtemps possible.

Une vidéo interview disponible ici: Richard Bohringer à l’Européen

 

 

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